Discussion du 6 novembre 2009
L’homophobie : d’hier à aujourd’hui
« Le XXe siècle a sans doute été la période la plus violemment homophobe de l’histoire » affirme l’auteur du Dictionnaire de l’homophobie. Compte rendu de l’ouvrage : cliquez ici.
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Deux prédispositions à l’homophobie
D’après des recherches en psychologie, deux caractéristiques personnelles, assimilables en quelque sorte à des attitudes « politiques », rendraient les gens plus susceptibles d’être homophobes. Ces deux attitudes sont : l’autoritarisme « de droite » et le parti-pris pour la dominance sociale.
L’autoritarisme de droite se subdivise en trois composantes : le conformisme (acceptation des normes en vigueur dans la société et soutenues par l’autorité), l’obéissance à l’autorité (cette dernière étant considérée comme légitime) et la violence perpétrée au nom de l’autorité (à l’endroit des personnes ou des groupes « déviants » ou qui mériteraient d’être punis). La violence homophobe peut effectivement être considérée, entre autres, comme une manifestation de violence perpétrée au nom de l’autorité.
La dominance sociale est une préférence pour l’organisation hiérarchique dans les relations entre les groupes sociaux, au détriment de l’égalité. Se trouvent donc ainsi justifiées l’idée que certains groupes doivent jouir d’un statut plus élevé que d’autres, que ce soit en fonction de la race, du sexe, de la classe sociale, de la sexualité, etc.
Les personnalités que l’on pourrait qualifier de fortement « autoritaires de droite » ont tendance à considérer le monde comme un endroit dangereux, où les valeurs et les traditions les plus importantes sont menacées — contrairement aux personnes qui sont peu autoritaires, lesquelles considèrent que les valeurs essentielles ne sont pas en danger.
Pour leur part, ceux qui sont fortement partisans de la dominance sociale voient plutôt le monde comme un endroit compétitif (une sorte de jungle), où chacun essaie de s’accaparer de ressources (l’argent entre autres) et de pouvoir, contrairement aux égalitaires, qui considèrent le monde comme un endroit de coopération, où l’aide et le partage sont monnaie courante.
Dans les études sur les populations, chacune de ces deux dispositions, — l’autoritarisme « de droite » et le parti-pris pour la dominance sociale — sont corrélées avec une attitude défavorable aux gais; les deux facteurs peuvent d’ailleurs se cumuler, ce qui démultiplie alors leurs effets homophobes.
Source : Ashton, Michael Craig. Individual Differences and Personality. Elsevier 2007. p. 267-271.
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